Yin Long Bay Impression, Jining (Chine)

 

Centre commercial implanté comme au village !

 

Nom du projet :
Yin Long Bay Impression, 

Lieu :
Jining (Chine)

Architectes :
DR Architectural and Planning Design Pty Ltd, China Humax Engineering Design Co Ltd 

Entreprise :
Beijing North- Century Construction & Decoration Engineering Co., Ltd

Technique :
Tasseaux VMZINC®

Aspect de surface :
QUARTZ-ZINC®

 

Il y a en Chine seulement 416 boutiques par million d’habitants contre 3 620 pour ce même million d’habitants aux États-Unis (données 2008). Longtemps souséquipée en centres commerciaux, la Chine rattrape ce retard à marche forcée et la construction de malls s’étend à travers tout le pays. Les perspectives de croissance restent élevées comme en témoignent la part de 44 % allouée à la Chine dans la construction mondiale de centres commerciaux en 2014 et les 7 000 centres qui devraient être inaugurés d’ici 2025. Ce tableau de leader de l’immobilier commercial n’est pour autant pas complètement idyllique car passés directement au numérique, beaucoup de Chinois ont pris l’habitude de faire leurs courses en ligne.

Tout est donc fait pour aider les visiteurs à réinvestir le commerce physique : les promoteurs misent sur l’animation ou sur l’architecture qui se doit d’être spectaculaire ou de prendre des formes inédites, telle celle des « retail villages », ou centres commerciaux périurbains, semblables à de petits bourgs, préférés aux pôles commerciaux de centre-ville. C’est cette formule villageoise qu’adopte le « Yin Long Bay Impression » de Jining, une ville d’un million et demi d’habitants, à mi-chemin entre Beijing et Shanghai. Jining est associée à Confucius, né à une quarantaine de kilomètres de là. 

La zone d’extension urbaine où s’implante le centre évoque ce passé, et se structure autour d’une rivière paysagère dont l’axe diagonal contredit la trame viaire orthogonale. Le plan du quartier se divise en une série de rues piétonnes dont on ne voit jamais la fin, puisqu’elles suivent un plan circulaire. S’implantent dans ce schéma moderne, des maisons-boutiques de deux et trois niveaux qui se référent à l’architecture classique chinoise dont les toitures à double pente agissent comme  un fort rappel du passé. Toutes les couvertures sont en zinc. À l’image de ce quartier, la pose  réinterprète les notions de tradition dans un mode contemporain. Les tasseaux, typiques des toitures parisiennes à faibles pentes, sont épaissis et gagnent en nervosité. Ils passent au-dessus de chêneaux encaissés dans la pente du toit, encore une originalité de pose que l’on rencontre souvent dans ces nouveaux pays sans culture zinc (et sans ou peu de réglementation !) qui s’approprient en toute liberté le matériau, régénérant ses techniques de pose et son potentiel expressif.